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Bientôt 20 ans de route sur les chemins de la généalogie et de tentatives de publication abandonnées... mais ne manquant pas de courage me voici reparti au front ! C'est ce que je disais il y a déjà quelques mois et pourtant... le présent s'est de nouveau substitué au passé, m'engageant pour la énième fois vers les chemins de la négligence et de l'oubli.

Pourtant égal à moi même et persévérant, je remets l'ouvrage sur le métier afin de vous délivrer l'histoire de ma famille, de mes familles ! Vous découvrez donc les premiers éléments de ce qui fût un site Internet puis un blog, deux blogs, ... pour être à nouveau un site et qui redevient, succombant à la "mode" un blog généalogique. Et bien, je ne vous donnerais pas tord si vous me trouvez bien inconstant mais l'objectif du blog étant la publication de billets avec commentaires à l'appui, ceci nécessitera de ma part une régularité dans la rédaction... ce que je ne peux garantir mais ce que je vais tenter.

Alors soyez patients et constants afin de découvrir jour après jour les évolutions de ce blog de généalogie familiale !

Merci de votre visite !

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  • Votre patronyme a-t-il déjà été étudié ?

  • www.geneanet.org

  • jeudi 8 avril 2010

    Un couple du XVIème siècle

    L'angoisse de la page blanche existe aussi lorsque l'on est "rédacteur en chef" d'un blog de généalogie familiale et j'ai longuement hésité sur la manière de vous livrer l'histoire de mes ancêtres. J'ai donc opté pour la solution la plus simple et je me suis reposé sur le relevé systématique des actes de vie de mes ascendants pour écrire à chaque fois et progressivement, un billet par couple d'ancêtres.

    C'est pourquoi, vous trouverez ici le couple le plus ancien de la généalogie ascendante paternelle de ma mère : celle de la famille MENU ! Comment alors ne pas être ému lorsque l'on évoque la vie de ces deux personnages que sont Jean MENUZ & Françoise ROYER, couple à la quatorzième génération de la famille MENU - mes enfants constituant la première génération.

    Nés tous les deux alors que le XVIème siècle allait se terminer - probablement avant 1580(1), ils ont dépassé la cinquantaine ayant eu plusieurs enfants et des milliers de descendants. Pendant ce temps là, se finissaient les hostilités de la septième guerre de religion entre catholiques et réformés, appelée guerre des amoureux.

    Jean était déjà laboureur, métier au combien gratifiant dans une période où les manouvriers constituaient le gros des villageois d'un village rural traditionnel. En fait, si l'on s'arrête un peu sur la vie de notre ancêtre, on constatera que dans la "pyramide hiérarchique", Jean était plutôt au milieu de celle-ci. Ni au bas de l'échelle avec les journaliers, il n'était pas en haut, non plus, parmi les "dominants" qu'étaient aristocrates et bourgeois propriétaires. On peut considérer qu'il venait tout juste après les régisseurs, souvent nommés fermiers généraux, dans la strate des paysans à demi indépendants. Ceux-ci étaient plus ou moins aisés et évolués, constituant le monde des "coqs de village". Ils savaient généralement lire et compter, signer, parfois écrire. Ils possédaient presque toujours des terres, des animaux et un troupeau, ou du moins un attelage. On comptait parmi eux "les marchands", comme on en trouvera plus tard dans les descendants de Jean. Point que l'on retrouve également parmi les descendants de notre couple, c'est l'exigence de ces gens quant à leurs choix matrimoniaux : "on se mariait entre soi, volontiers avec des familles déjà alliées à la sienne". Si l'on ne peut être sur encore de la position de notre Jean MENUZ, on peut en tous cas le qualifier de "laboureurs moyens" pour ne pas dire "français moyen du XVIIème siècle (2). En ce sens et pour appuyer nos propos, il suffira de citer l'acte de baptême de Jehan MENU, fils de François MENU - premier enfant de notre couple - dans lequel on note premièrement que le père de la marraine du nouveau né est admoniateur de la terre et de la seigneurie de Bonnencontre - l'admoniateur étant celui qui à l'époque donnait une terre à ferme contre loyer, généralement payé en céréales - et deuxièmement, le père du parrain est désigné comme honorable Jehan MENUZ - est-ce notre Jean MENUZ ? rien ne le prouve mais l'on reste dans la même famille. En tout état de cause, l'on constate cette volonté de s'allier entre soi, dans un éventuel intérêt financier.

    On peut, par ailleurs, considérer que les MENU étaient une famille paysanne classique donc une famille nombreuse. Les parents de Jean ont probablement vécu leurs derniers jours au sein du foyer, comme cela était le cas jusqu'au milieu du 20ème siècle en France. La fécondité était alors naturelle, la mère de famille mettait au monde une abondante progéniture, en général entre quatre et sept enfants et Françoise ne dérogera pas à la règle en mettant au monde pas moins de 6 enfants(3). Elle a d'ailleurs dû profiter d'un vrai partage des tâches et travaillait probablement à proximité immédiate des bâtiments agricoles, sans doute pour avoir l'œil sur les plus petits enfants et pour préparer en même temps les repas et faire le ménage. Françoise nourrissait, peut être, les volailles, barattait le beurre, trayait les vaches et les chèvres, etc.(4)

    Alors qu'Henri II de Bourbon, prince de Condé était devenu gouverneur de la Bourgogne, Jean mourut le 5 novembre 1631 à Bonnencontre (Côte d'Or). Son épouse lui survécut un tout petit plus de 2 ans, le rejoignant dans le repos éternel le 15 décembre 1633.



    (1) source : site Planète Généalogie de Claude VERDIER - on peut estimer leur mariage aux environs de 1600, au vu de la date de naissance de leur premier enfant.
    (2) source : "Nos ancêtres - Vie & Métiers" - numéro 5 de janvier-février 2004 - page 20 (le billet de Jean-Louis Beaucarnot).
    (3) La descendance telle que présentée dans ce billet se repose sur des données disponibles sur Internet et qui seront à valider ultérieurement
    (4) source : "Nos ancêtres - Vie & Métiers" - numéro 5 de janvier-février 2004 - page 30.

    Nota : billet publié pour la première fois le 1er novembre 2007

    mercredi 7 avril 2010

    Les Cerches des feux du baillage de Dijon

    Les "cerches"(1) étaient prescrites par les élus des Etats de Bourgogne pour la répartition des impôts consentis au souverain. A l'époque où il n'y avait ni cadastre, ni recensement exact de la population imposée, les élus firent procéder à la recherche des feux des paroisses, dans chacun des grands bailliages qui étaient alors une circonscription administrative, judiciaire, militaire et financière.

    A but essentiellement fiscal, la démarche, assignée à des commissaires spéciaux, constituait à recueillir des éléments descriptifs sur les différentes localités et sur leurs habitants. Pour chaque localité, étaient indiqués le nom du seigneur dont elle dépendait, ses avantages (château, foires, marchés) et les charges qui pesaient déjà sur les habitants (tailles, corvées, etc.). pour les habitants, était dressé un rôle nominatif par feu "ou chef d'ostel" qui précisait la condition sociale de chacun d'eux : franc, abonné, taillable haut et bas serf. Ces derniers étaient classés, selon leur situation de fortune, parmi les solvables ou les misérables.

    Les rôles ne devaient comprendre ni les personnes engagées dans les ordres religieux, ni les nobles "vivant noblement", ni les officiers du Duc.
    La cerche terminée, après avoir été exploitée par les élus des Etats de Bourgogne, était jointe par le receveur de l'impôt, comme pièce justificative au compte que ce dernier devait présenter à la Chambre des comptes, qui en assura la conservation.
    Le volume qui nous intéresse ici est la cerche des feux effectuée pour la levée de l'aide de 40 000 francs octroyés au Duc par les États du Duché au mois d'octobre 1469. Au-delà des paroisses de la ville de Dijon il détaille nombre de villages dont Bonnencontre & Charrey-sur-Saône, alors rattaché au premier. Son intérêt principal réside pour nous dans le fait qu'il nous confirme que la famille MENU n'était pas encore arrivée à Bonnencontre au milieu du XVème siècle. On notera cependant deux points importants : nombre de patronymes n'apparaissent pas dans les premiers registres paroissiaux, d'autre part quelques patronymes connus apparaissent, tels les Quocusse - Cocusse dont on devra déterminer la filiation plus tard ou encore les Clemence, les Regnard ou encore les Jacotot.
    Page 286
    Bonnencontre il y a Chastel fort et ny a r[ien] et sont les h[abi]tanss[erf]s de Monsieur de montbin Estans avec nous messire guillaumebricart pb[ret]re vicaire dudit lieu, mathey forgert, philibertsambain, mathey guichart et Jehan (biguier) tous h[abi]tans icy

    Feux s[erf]s

    Gauthier Cannier
    Guillaume Nicolas
    Henry Marteaux ____________ m[en]d[iant]
    Guillaume Guychart
    la vefve guiet Guychart
    Jehan Guienet le jeusne
    Jehan Guienet l'aisney ____________ m[en]d[iant]
    Guiennot M[ar]teaux
    Jehan Bouchart dit Ronan
    Mathey Bouchart dit Symon
    Viennot Bouchart
    Jehan M[ar]tene
    Viennot Vendroueil
    Jehan M[ar]teaul
    Licquin Vendreuil
    Jehan Beuche
    La vefve Jehan Bernard
    Belin Bailliot

    Page 287
    Philibert Bailliot
    Jehan Bailliot le jeune __________ m[en]d[iant]
    Jehan Chancellier
    Jehan Roulce[..] dit fermier
    Jehan Bailliot l'ainsney
    henry Girardin
    Gauthier Pastureaux __________ m[en]d[iant]
    La vefve Jehan Joquier l'ainsney
    Jehan Roulce[..] dit Jaquenart
    Hugues Piget
    Perrin Caroudeaux
    Pierre Ferremoische
    Oudot Quocusse
    Philibert Quocusse
    Jehan Chanot
    Mathey Bouchet hospitaillier __________ m[en]d[iant]
    Thiebault Boquet
    Philibert Saintain [en marge: S[olvable]]
    La vefve Guillot Joquier __________ m[en]d[iant]
    Jehan Joquier le vielz dit boiteux _______ m[en]d[iant]
    Thomas Cointet
    Jehan Jacotot l'ainsney __________ m[en]d[iant]
    Mathey Jacotot
    Nicolas Bouchart
    Estienne Grissart
    Jehan Clemance
    Jehan Bailliot dit breton
    Jacot Bailliot
    Perron Cougnot ___________ m[en]d[iant]
    Claude Guynot
    Jehan Bouchart dit c[..]cot
    Nicolas Regnart
    La vefve Guillaume Seunart
    Guillot Regnart __________ m[en]d[iant]
    Jehan Cugnot

    Page 288
    Jehan Caynier [en marge: S[olvable]]
    Mathey Forgeot [en marge: S[olvable]]
    Jacot Boussellot
    Perrot Boussellot
    Perron Boussellot
    Guillaume Rigault
    Jehannot Cousin
    Jehan Salan ___________ m[en]d[iant]
    Girart Frycelot

    [Récapitulatif:]Sol[vables] iii [=3]
    m[oyens] xLviii [=48]
    mis[erables] xi [=11]

    La cheullerye de Bonencontre app[ar]ten[ant] a monditssieur de montbin
    Il y demeure par le rapport des dess[us]dits ung admodiateur nommégirardin Legeot cheulle[rye]1 feu f[ran]c

    Charrey il ny a r[ien] et sont les h[abi]tans sers de messieurs dela chappelle de monsieur le duc adjon Estans avec Nousmessire Guy Rouhe[..] pb[ret]re vicaire dudit lieu Monin Oudeaux

    Feux sers

    Amiot moignart ___________ m[en]d[iant]
    Jehan Roy [en marge S[olvable]]
    Jehan Thobet
    Gilliot Rougot
    Parisot Perron
    La vefve Regnault Henry ___________ m[en]d[iant]
    Belin Fricollet
    Jehan Coustain
    Pierre Bourgeois
    Jehan Bourgeois
    La vefve Jehan le cogelle ___________ m[en]d[iant]
    Vincent Roy
    Jehan Perrier
    Guillaume Henry
    Jehan Robargot

    Page 289
    Guillaume Coustain
    Henry Bourgeoisot
    La vefve Pierre Pastureaux ___________ m[en]d[iant]
    Richart Fraischot ___________ m[en]d[iant]
    Guillaume Fraischot
    Guillaume Bourgeoisot
    Jehan Sanerin
    Jacot le Merrasse ___________ m[en]d[iant]
    Thomas Fraischot
    Thomas Pasturaux
    Jehan le Marasse
    Jacot Pastureaux
    Jehan Gillot
    Guillaume Gillot
    Guiot Saunain
    Jehan Fraichot le jeune ___________ m[en]d[iant]
    La vefve Aliot Chastelain ___________ m[en]d[iant]
    Jacot Gillot

    [Récapitulatif:]
    Sol[vables] i [=1]
    m[oyens] xxiii [=23]
    mis[erables] viii [=8]

    (1) source : Site des Archives départementales de la Côte-d'Or

    Nota : billet publié pour la première fois le 17 novembre 2007

    lundi 5 avril 2010

    Jean MENUZ, un futur propriétaire terrien

    La patience de tout généalogiste est toujours récompensée et après près de 20 ans de recherches, j'ai eu l'extrême chance de trouver sur les chemins d'Internet, Monsieur Pierre GUYOT qui m'a fait parvenir de nombreux actes notariés, bien souvent dits "incommunicables". J'avais, en effet, relevé sur le site GénéAtica de Madame Catherine DANIELLE-PIOT les références de ces actes qui donnent encore plus de vie à nos ancêtres. Elle explique entre autres comment avec sa "clique de fous d'actes" et devant le côté insupportable de voir disparaître des milliers de minutes notariales classées "incommunicables", ils se sont attachés à numériser un maximum de ces documents avant que la poussière ne soit plus que leur simple expression. C'est donc avec le soutien de Monsieur MOYSE, alors Directeur des Archives Départementales de la Côte-d'Or qu'ils se sont attelés à cette lourde tâche mais tâche tellement utile à la communauté des généalogistes aujourd'hui. Pour notre famille, c'est principalement dans les minutes de Me BATAILLON, notaire à Saint-Jean-de-Losne au début du XVIIème siècle que j'ai pu trouvé nombre de documents passionnants; mais aussi dans les archives de ses confrères ou successeurs : Me BOISSENET, PIERRE, DESSOULX & MICHELOT. Je vous propose donc de nous arrêter sur l'acte le plus ancien qui, bien que très simple, nous fait vivre à nouveau Jean MENUZ - plus ancien ancêtre patronymique connu. ___________________________________________________________________


    Il nous y est dit que : "L'an mil six cent et quinze le vingt cinquième jour du mois d'avril avant midy fut en sa personne pierre maugirard de Bonnencontre # lesquels ont vendu et vendent perpétuellement à Jean MENU aussy dudit lieu, présent et acceptant aussy perpétuellement, pour luy, ses hoires et ayant cause, trois quartiers de ?? en deux places, finage dudit Bonnencontre, lieudit au dessus des guenessaires et autres au bas du champ Corbe, ascavoir un quartier en prey de soleil levant des acheteurs et de couchant Claude Baudin dudit
    Bonnencontre, "ferand" d'un bout de bize, et devent lesdits Guille Petit, duquel quartier les acheteurs en jouissent depuis cinq ans passés, comme l'ayant déjà acquis dernier ledit temps.
    Et les deux autres quartiers en prey devant ledit Baudin, aboutissant devant sur lesdits Guille Petit, et de bize à .... Et sans lesquels leurs plus vrays et meilleurs confins chargés de leurs
    charges .... et seigneuriales sy aucunes sont, ledit vendage fait moiennant le prix et somme de seize livres tournois paiées audits vendeurs. Les Vendeurs obligent leurs biens .... fait et passé à St Jean de loone en la résidence et pardevant le soussigné Notaire Royal, en présence de Vivand
    Lapostolle de Franxault et Honnorable Claude Gagnepain de ladite Ville ... lesdits vendeurs et acheteur, ny Lapostolle ne savent signer enquis.
    #
    et de son aucthorité Jeannette COUCHE sa femme, solidairement, l'un pour l'autre, sans division

    Signé : Gagnepain - Bataillon (ndlr : notaire royal)

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    Sachant que d'autres actes de vente concernant Jean MENUZ sont à venir dans les années suivantes, il y a fort à parier que le personnage était en train de se constituer dans le village de Bonnencontre un "parc de terres" lui rapportant certainement des revenus. D'autre part, il est vrai que vous pouvez vous étonner de mes conclusions peut être hâtives et je ne nie pas que rien ne peut à ce jour nous assurer que le Jean MENU de l'acte notarié est notre ancêtre. Il s'agit, par contre, d'une forte présomption car de même, dans l'état actuel de mes connaissances, je n'ai pas trouvé d'autre Jean MENU à cette époque. Nous avons, en tous cas, la quasi certitude de lire les premiers actes notariés concernant notre famille.

    Nota : on notera la présence de Vivand LAPOSTOLLE - patronyme également présent dans notre généalogie et dont nous découvrirons peut être qu'il s'agit également d'un de nos ancêtres.

    Nota : billet publié pour la première fois le 21 novembre 2007

    dimanche 4 avril 2010

    Le mystère des MENU

    Mettez-vous à ma place ! 20 ans de généalogie pour vous rendre compte que votre famille n'est pas originaire du village de vos grands-parents même si elle y a séjourné pendant plus de 4 siècles... et pourtant l'histoire orale de la famille transmettait l'information de génération en génération. J'avais pourtant eu un indice qui m'avait toujours paru étrange : c'est que le patronyme MENU n'est pas fréquent en Bourgogne. On constatera sur la carte ci-dessous que la Bourgogne représente à peine 4% des MENU de France alors que les régions Champagne & Nord-Pas de Calais sont chacune à 16% de la représentation patronymique; on notera également la région Rhône-Alpes qui tangente les 12% !

    Mais comment en suis arrivé à ce constat ? Rassemblons les indices !

    D'un côté, nous avons les archives numérisées de la Côte d'Or qui nous délivrent le 1er acte du village de Bonnencontre citant un MENU avec l'acte de baptême de Thibaut MENU, le 3 août 1611 - fils, par ailleurs, du couple Jean MENUZ & Françoise ROYER, eux-même plus anciens ancêtres connus de notre lignée.

    D'autre part, je possède dans ma bibliothèque généalogique familiale une revue du village de Bonnencontre, que ma grand-mère m'avait donné en son époque, et dans laquelle Sœur Marie CLEMENCE nous retranscrit d'anciens écrits citant des habitants du village. En voici la copie :

    "Face à Gaspard de Vienne, le 10 février 1513, se présentent Philibert Chyroux, Jeannin Chavancot, Oudot Carondet, Jean Baillot l'ancien, Jean Regnard Verpeaut, Huguenin Gueniot, Jean Trivier, Regnard Fricotet, Jean Cugnot, Pernote Regnard, Jean Verderot Gaby, Denis Martenno, Denis Cocusse, Claude Royer, Jaquot Pauchard, Estienne Gauvain, Guyot Bouchard, Philibert Bouchard dit pacrestant, Jean Bouchard Robbin, Oudot Gauvin, Maître Claude Royer prêtre et Perrin Contet"

    "Devant messire Louis de Saulx de Tavannes, le 3 décembre 1568 comparaissent Jean Bergerot échevin, François Menu, Pierre Menu, Gabriel Grosperrin, Claude Trivier-Motot, Claude Lagrange, Claude Regnault, Noël Regnard-Perrot, Jean Moron, Claude Regnard, Pierre Thomas, Simon Baudin"

    Que peut-on tirer de ces 2 transcriptions ? Dans un premier temps que les MENU ne semblaient pas présents à Bonnencontre au début du XVIème siècle; par contre ils l'étaient à la fin du même siècle. On notera d'ailleurs que les patronymes ont changés dans leur grande majorité : qu'est-il donc arrivé ? On sait que jusqu'au XVIIème siècle, des épisodes majeurs de peste sont encore signalés en Europe; ont-ils touchés la Bourgogne ? en tout état de cause un évènement majeur a changé radicalement la face du village !

    On pourra également citer un autre document qui nous confirme que l'arrivée des MENU à Bonnencontre, comme dans des villages limitrophes aujourd'hui indépendants comme Charrey-sur-Saône, se situe entre le XVème et le début du XVIème siècle. C'est, en effet, dans les "cerches de feux" conservés aux Archives départementales que l'on constate que le volume du baillage du Dijonnais des années 1469-1470 n'a répertorié aucun MENU à Bonnencontre. Ce document à but essentiellement fiscal ne peut laisser de doute sur un éventuel oubli d'une famille ou d'un feu, puisque pour les habitants, était dressé un rôle nominatif par feu "ou chef d'ostel" qui précisait la condition sociale de chacun d'eux (franc, abonné, taillable et bas ou serf).

    Le mystère, s'il est parfaitement déterminé, n'en reste pas moins entier... d'où venaient les premiers MENU lorsqu'ils se sont établis à Bonnencontre ?
    de quelques lieues ?... de provinces limitrophes ?... ou encore de
    région bien plus éloignées ?... et pourquoi ?...

    Nota : billet publié pour la première fois le 7 novembre 2007